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La revue de presse Religions | Société des éditions empreinte, du 4 juillet 2019






L'inquiétante moralisation du monde de la culture

Par Gaspard Koenig (philosophe et president du Think Tank Generation Libre)

Publié le 26/06 à 06h45


C'est un dégât collatéral du nécessaire mouvement #metoo : les œuvres ne sont plus jugées sur leur mérite esthétique ou intellectuel, mais en fonction de leur rectitude idéologique. Depuis quand l'art, refuge des rebelles et des iconoclastes, devrait-il reproduire une norme sociale, aussi légitime soit-elle ?


Faute de gagner ses procès,  Harvey Weinstein a déjà gagné l'immortalité en devenant un sujet d'inspiration pour les artistes contemporains. La dernière pièce de David Mamet, « Bitter Wheat » qui se joue actuellement à Londres, met en scène Barney Fein, un producteur-prédateur joué par John Malkovich, en dénonçant son cynisme et sa brutalité. Au même moment, à la foire internationale de Bâle, la plasticienne engagée Andrea Bowers expose les photos et textes publics des victimes de Weinstein pour rendre hommage au mouvement #metoo .

Dans les deux cas, ces bonnes intentions se sont spectaculairement retournées contre leurs auteurs. « Bitter Wheat », que j'ai pourtant trouvée ingénieuse et subtilement comique, a été unanimement condamnée par la critique pour n'avoir pas exploré les sentiments de la jeune femme harcelée par Fein, tandis qu'Andrea Bowers a dû retirer précipitamment les photos d'une journaliste qui ne supportait pas de voir son traumatisme exposé en public. C'est l'arroseur arrosé. Des oeuvres créées pour appuyer la morale de l'époque se font excommunier… pour ne pas s'y plier suffisamment.

Quelle meilleure mise en abyme pour illustrer combien #metoo a pénétré le monde de la création ? Spotify a banni de ses algorithmes le chanteur de R&B R. Kelly, accusé d'abus sexuel ; Abdellatif Kechiche a été mis au ban de la Croisette pour avoir filmé l'érotisme féminin. Les musées sont priés de faire le tri dans leurs toiles : sous la pression publique, la Manchester Art Gallery a retiré de son exposition « Hylas and the Nymphs » une délicieuse peinture préraphaélite de J.W. Waterhouse ayant l'impudence de représenter des femmes gracieuses immergées parmi les nénuphars.

La littérature n'est pas épargnée : les maisons d'édition américaines embauchent des « sensitivity readers » dont le métier est de s'assurer que les textes ne heurtent personne. La censure nourrit l'autocensure : mon propre éditeur s'est demandé au sujet de mon dernier manuscrit si l'adjectif « rousse » pour désigner une femme n'était pas « un brin sexiste »…  Lire la suite ...



De nouvelles églises devraient être construites aux Émirats arabes unis


19 nouveaux lieux de cultes non-musulmans, dont 17 églises et chapelles, sont à l’étude aux Émirats Arabes Unis. Cette tolérance religieuse s’accompagne toutefois de nombreuses persécutions politiques et religieuses.

Augustine Passilly, le 02/07/2019 à 14:20


S’agit-il d’un grand pas vers la « tolérance » religieuse ? Aux Émirats Arabes Unis, le directeur exécutif du département chargé du développement communautaire d’Abou Dhabi, Sultan Alzaheri, a annoncé mi-juin, d’après des articles parus sur les sites d’information locaux The National, Gulf news ainsi que l’agence Fides, que des procédures d’autorisation étaient en cours pour la construction de 19 lieux de cultes non-musulmans.Parmi eux figureraient 17 églises et chapelles, un temple hindou et un temple sikh. Ce pays, où la constitution de 1971 a fait de l’islam la religion d’État, s’ouvre de plus en plus au dialogue interreligieux, bien que les minorités religieuses, mais aussi politiques et d’opinion, demeurent discriminées voire persécutées. (Lire la suite sur la version abonnés)



Exposition « Lieux saints partagés » : interactions entre les trois religions monothéistes de la Méditerranée à l’Europe


Fruit de plusieurs années de recherches historiques et anthropologiques, l’exposition « Lieux saints partagés » est à Istanbul jusqu’au 14 juillet 2019. L’exposition qui se déroule à la galerie d’art Depo vous fera découvrir, à la manière d’un pèlerinage, la cohésion entre les trois religions monothéistes : le christianisme, le judaïsme et l’islam.


Le christianisme, le judaïsme et l’islam, malgré leurs différences théologiques partagent de nombreux points communs : des rituels, des figures spirituelles ou encore des sanctuaires. Ce croisement est à la fois l’image de l’union de l’humanité, mais aussi de sa prédisposition à la violence. Le projet « Lieux saints partagés » s’est donné pour objectif de montrer que la Méditerranée est à la fois un lieu de partage et quelques fois de conflits.


L’emplacement d’Istanbul est idéal pour accueillir cette exposition et raconter l’histoire de « Lieux saints partagés ». En effet, c’est la seule ville au monde où les trois religions ont cohabité pendant des siècles, de Byzance à l’Empire ottoman. Lire la suite ...


Pour aller plus loin :
















Le christianisme au Japon et les sites chrétiens cachés de Nagasaki

Par Sam Rumble | Publié le 30/06/2019


Le 30 juin 2018, soit près de 150 ans après un événement majeur appelé "la Découverte des chrétiens cachés", douze sites de la région de Nagasaki, comprenant dix villages, les vestiges d'un château et une cathédrale, construits entre les XVIIe et XIXe siècles, ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO


Alors que 2 millions de Japonais, soit 2 % de la population  (127 millions en 1995), seraient chrétiens, la tradition demeure dans la région de Nagasaki où elle a été introduite il y a plus de 450 ans. Loin de Tokyo avec son imposante cathédrale Sainte-Marie et forte de son riche passé, il y a dans cette partie du Japon un nombre exceptionnellement important de catholiques et d'églises (plus de 130) par rapport au reste du pays, apportant ainsi un cachet original à la région. Au-delà de ces édifices religieux, douze sites, remarquables autant par la qualité des constructions que par leur valeur symbolique dans l'Histoire du Japon, ont été plus particulièrement distingués par l'UNESCO pour apporter au monde un témoignage historique unique sur les chrétiens cachés du Japon. Ce sont des sites qui reflètent la force de la foi de ces communautés qui ont réussi, pendant plus de 200 ans, à transmettre leurs traditions en survivant avec courage au sein de la société et des religions "classiques" de l'époque, et en dépit de l'interdiction stricte instaurée par les gouvernements en place. Avec cette inscription sur la liste du patrimoine mondial et la venue du Pape François au Japon en novembre 2019, la première visite du pays par un souverain pontife depuis celle de Jean-Paul II en février 1981, le christianisme et ses sites sacrés de Nagasaki pourraient prendre une tout autre dimension au Japon et dans le monde. Lire la suite ...



Religion : la montée en puissance de l'Évangélisme


Une église évangélique s'implante en France tous les dix jours, principalement dans les zones périurbaines. Un courant du protestantisme qui regroupe près de 700 000 fidèles.




Pour aller plus loin :





























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