La militante du climat Greta Thunberg plus jeune «personnalité de l’année» du Time magazine

Mis à jour : 17 déc 2019

#espoir #écologie




La militante du climat Greta Thunberg est la plus jeune « personnalité de l’année » désignée dans l’histoire du magazine américain TIME.


« Nous ne pouvons pas continuer à vivre comme s’il n’y avait pas de “demain”, car il y a un “demain”, dit la plus jeune lauréate de cette distinction, en tirant sur la manche de son sweat-shirt bleu. C’est tout ce que nous disons ».

C’est une simple vérité, livrée par une adolescente improbable qui a réussi à attirer l’attention du monde entier. Après avoir remarqué une multiplication par cent de son utilisation, les rédacteurs du Collins Dictionary ont donc également nommé l’idée pionnière de Thunberg, la grève pour le climat, mot de l’année.


« Les jeunes ont généralement un impact fantastique sur l’opinion publique du monde entier », souligne le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, interrogé par le magazine. « Les gouvernements suivent ». Mais « Je suis déçu du résultat de la COP25. »

Ces mots sont signés du secrétaire général de l’ONU, dans un communiqué du dimanche 15 décembre. « La communauté internationale a manqué une opportunité importante de montrer son ambition pour répondre à la crise climatique. » Pourtant, preuve de l’importance de la question environnementale, cette COP25 s’est également illustrée par l’affluence particulièrement forte des représentants de la société civile, présents en nombre pour tenter de sensibiliser les négociateurs. Écologistes, scientifiques, peuples indigènes, ONG…


« Tout au long de l’histoire, de nombreux grands mouvements moraux ont gagné du terrain au moment même où les jeunes ont décidé de faire de ce mouvement leur cause »,

espère l’ancien vice-président Al Gore, qui a remporté le prix Nobel de la paix pour ses décennies de travail de plaidoyer pour le climat. Pendant des décennies, en effet, les chercheurs et les militants ont eu du mal à amener les dirigeants mondiaux à prendre la menace climatique au sérieux. Il y a un lendemain. Cette simple vérité qui nous est livrée à ce moment fatidique par la jeune Greta, rapporte Charlotte Alter, qui l’accompagnait pour le TIME et un reportage saisissant, accompagnée de Suyin Haynes et de Justin Worland. Le voilier, La Vagabonde, naviguait avec Thunberg à son bord jusqu’au port de Lisbonne, et de là, se rendait à Madrid, où les Nations-Unies accueillent cette année la conférence sur le climat qui vient de s’achever. La COP 25 est le dernier sommet de ce type avant que les nations s’engagent dans de nouveaux plans pour respecter un délai important fixé par l’Accord de Paris. Après deux semaines de négociation entre Chefs d’État, elle laissera sans doute un goût d’inachevé aux militants du climat. Les États se sont accordés a minima sur une action transformatrice pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’élévation de la température mondiale depuis la révolution industrielle atteindra la barre des 1,5 C — une éventualité, avertissent les scientifiques, qui exposera quelque 350 millions de personnes supplémentaires à la sécheresse et poussera environ 120 millions de personnes dans l’extrême pauvreté d’ici 2030. Pour chaque fraction de degré d’augmentation des températures, ces problèmes vont s’aggraver. Ce n’est pas alarmiste ; c’est la science.


Pendant des décennies, les chercheurs et les militants ont eu du mal à amener les dirigeants mondiaux à prendre la menace climatique au sérieux. Thunberg a inauguré un mouvement mondial. À partir d’août 2018, elle a passé ses journées à camper devant le Parlement suédois, avec une pancarte peinte en lettres noires sur fond blanc qui disait « Skolstrejk för klimatet » : « School Strike for Climate » : « Grève des écoles pour le climat ». Au cours des 16 mois qui ont suivi, elle s’est adressée aux chefs d’État à l’ONU, a rencontré le pape, s’est entretenue avec le président des États-Unis et a inspiré 4 millions de personnes à se joindre à la grève mondiale sur le climat le 20 septembre 2019, dans ce qui était la plus grande démonstration climatique de l’histoire de l’humanité. Son image a été célébrée dans des peintures murales et des costumes d’Halloween, et son nom a été attaché à tout, des partages de vélo aux coléoptères. Margaret Atwood la compare à Jeanne d’Arc.


Reste une question philosophique vertigineuse : est-ce que nous avons des devoirs moraux ou des obligations éthiques envers les humains et l’avenir ? Peut-on avoir un devoir moral envers un être qui n’existe pas ? » (Alexandre Lacroix).


Il ne faut pas pour autant réduire l’écologie seulement à une question de jeunesse. « Il faut donner un statut aux êtres humains à naître et au futur ».

David Gonzalez


David Gonzalez est l'auteur de nombreuses anthologies aux éditions Empreinte, dans la collection « L’art de méditer »

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