Codex | Populisme | Notomb | Algérie

La revue de presse Religions | Société des éditions Empreinte du 19 août 2019



Leemage/Mollona

La Bible d'argent, histoire d'un codex de 1500 ans qui a traversé l'Europe

Nicolas Gary - 17.08.2019

La bibliothèque universitaire d’Uppsala, en Suède, Carolina Rediviva, abrite de véritables trésors de bibliophilie. Mais un seul est conservé à l’abri, derrière une vitre blindée. De loin, on le remarque pour ses étranges couleurs. De près, posé devant les yeux, on découvre le Codex Argenteus, ou Bible d’argent, réalisée voilà plus de 1500 ans dans le nord de l’Italie.



Uppsala university library, CC BY 4.0

L’ouvrage affiche une écriture uniforme, d’or et d’argent, le tout écrit sur un parchemin de couleur violette, magnifiquement conservé. Ce luxueux évangéliaire avait été originellement commandé par le dirigeant d’un peuple, disparu depuis bien longtemps, mais la langue est encore conservée dans les pages du livre. 

C’est en 1169 que le comte Magnus Gabriel de la Gardie — un noble suédois, d’origine française — va faire don de cet ouvrage qu’il possédait. Le projet était qu’en Suède, il parviendrait à renforcer les liens historiques avec les Goths, dont on a pensé qu’ils étaient les ancêtres des Suédois. Lire la suite ...


A découvrir aux éditions Empreinte :





Un témoignage politique du christianisme ?

Antoine COURBAN




Le 9 août dernier, dans une interview retentissante à La Stampa, le pape François a développé trois idées fortes : l’Europe comme projet d’avenir, le dialogue œcuménique à partir des identités particulières ouvertes de chacun, et le couple populisme/ souverainisme contemporain comme écho aux totalitarismes des années 1930. Les propos de l’évêque de Rome furent longuement commentés à partir de la grille de lecture italienne et des enjeux que la montée du populisme et l’opposition à l’Europe étalent au grand jour.



Ces mêmes propos peuvent et doivent être compris comme un message Urbi et Orbi en quelque sorte. Ils concernent non seulement l’Italie et l’Europe, mais également le monde entier. Le Proche-Orient et le Liban sont particulièrement concernés par le populisme qui étale sa nuisance redoutable et sa puissante nocivité en milieu chrétien. Tout se passe comme si, en Orient, l’appartenance au christianisme consisterait à exclure, avec haine et suprématisme, plus particulièrement l’Arabe musulman sunnite. Nous voyons une telle logique à l’œuvre dans des publications et des déclarations qui n’ont rien à envier à leurs équivalents des années 1930 sous le nazisme, comme le dénonce le pape.Les déplacements récents du ministre Gebran Bassil et sa capacité de meneur populiste à réveiller toutes les haines et tous les démons, réels ou fantasmés de l’histoire du Liban, illustrent de manière caricaturale cette logique perverse. Mais en quoi les discours populistes et souverainistes interfèrent-ils avec la vision chrétienne du monde pour que le chef de l’Église catholique décide de les évoquer si négativement ? Certes, il y a l’aspect moral que posent les discours condamnables de l’extrême droite actuelle en Europe, et qui rappellent ceux du régime hitlérien à partir de 1934. Le pape n’est pas le seul à craindre le pire, face à cette montée aux extrêmes.


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«Soif», la Passion selon Amélie Nothomb

Par Adeline Fleury

Le 17 août 2019 à 14h38


« Pour éprouver la soif, il faut être vivant, j'ai vécu si fort que je suis mort assoiffé. C'est peut-être cela, la vie éternelle […]. Il suffit d'avoir crevé de soif un moment pour accéder à ce statut. Et l'instant ineffable où l'assoiffé porte à ses lèvres un gobelet d'eau, c'est Dieu.»

Qui parle? Le Christ sur la croix? Amélie Nothomb? Amélie Nothomb se prenant pour le Christ sur la croix. Une écrivaine mystique, inspirée comme jamais.


Jusqu'au bout, on est dans la chair et dans la tête de Jésus. On suit sa mise en accusation, le défilé des témoins à charge, sa condamnation et la souffrance. La Passion selon Amélie. Audacieux.

Nous avons demandé à Bernard Lecomte, journaliste et écrivain, spécialiste du fait religieux, et à Gabriel Ringlet, prêtre, écrivain et théologien belge, leur avis sur « Soif ».


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Les rapports tortueux de la France coloniale avec l’islam algérien


Par François Reynaert

Publié le 17 août 2019 à 06h30


La question est lancinante dans notre XXIe siècle : comment organiser l’islam, deuxième religion du pays, tout en respectant la liberté des cultes ? Faute de savoir répondre, on pourra au moins rappeler qu’elle ne se pose pas pour la première fois. Quand, en juillet 1830, la France conquiert l’Algérie, elle devient déjà, de fait, un pays partiellement musulman. Et le temps des contradictions face à cette réalité peut – déjà – commencer.

Dans l’« acte de capitulation » que le maréchal de Bourmont fait signer au dey d’Alger, le 5 juillet 1830, il prend l’engagement que « l’exercice de la religion mahométane restera libre ». Lire la suite sur l'édition abonnés

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