Le silence du pape fait honte aux chrétiens

Mis à jour : oct. 28

Après la mort atroce de Samuel Paty






La France note l’absence de messages de condoléances et de soutien du Président turc après l’assassinat de Samuel Paty, une semaine après le meurtre par un islamiste de cet enseignant, décapité à proximité de son collège de la banlieue parisienne.

Ce communiqué de l’Élysée, publié le 24 octobre pour dénoncer l’absence de réaction du président turc Recep Tayyip Erdoğan, s’applique aussi au pape actuel. Car dix jours après l’assassinat atroce qui a mis en état de choc les Français de toutes confessions et sensibilités, le pape François n’a toujours exprimé ni condamnation, ni compassion, ni condoléances, ni au président de la République, ni au peuple français, ni à ses collègues évêques. Silence radio lors de l’Angelus du 18 octobre, trois jours après l’événement, silence toujours lors de l’Angelus du 25 octobre, dix jours plus tard. Pourtant le pape adore papoter au bastingage de ses appartements place Saint-Pierre, devant des foules clairsemées qui l’ovationnent. Mais lors de ses deux dernières prestations dominicales, il n’aura eu de réactions qu’au sujet de la situation en Lybie et au Niger (le 18), puis au Nigéria et au Sacré Collège, avec ses nominations de cardinaux (le 25).


Tous les cultes font bloc…


Ce silence est d’autant plus assourdissant que tous les représentants des autres religions ont vivement réagi : du Caire, le clergé d’Al-Azhar, principale autorité religieuse et universitaire sunnite, a exprimé


sa condamnation pour l’acte terroriste qui a eu lieu vendredi à Paris, où un extrémiste a décapité un enseignant. Nous confirmons le rejet de ce crime odieux et de tous les actes terroristes. Le meurtre est un crime qui ne peut être justifié d’aucune manière, insiste le communiqué d’Al-Azhar repris notamment par Agenzia Nova, réitérant son appel perpétuel à abandonner la violence et les discours de haine quelle que soit leur forme ou leur motivation.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a fait lire un texte dans toutes les mosquées françaises pour dénoncer

l’irruption du radicalisme se réclamant de l’islam et l’assassinat horrible de Samuel Paty, décapité pour avoir donné un cours sur la liberté d’expression.


Au nom du judaïsme français, le grand rabbin de France Haïm Korsia a


exprimé à la famille de Samuel Paty toute notre douleur, notre compassion et notre fraternité. Je pense également à ses élèves, à ses collègues du Bois d’Aulne et à toute la grande communauté éducative du pays. Je demande à l’ensemble des synagogues de France de réciter une prière à sa mémoire ce Shabbat et souhaite que l’ensemble des cultes s’y associent.






Face à cet assassinat odieux et barbare, la Fédération protestante de France a tenu aussi à


exprimer son indignation et son horreur. La défense de la liberté d’expression est l’honneur de la République. Le bien précieux gagné puis transmis qu’est la liberté d’expression, de conscience et de la presse est le cœur battant de la République. Le protestantisme se bat depuis toujours pour cette liberté imprenable et réaffirme que l’Évangile aussi en est l’un des fondements. La FPF exprime sa compassion à l’égard de la famille, des proches et des élèves de la victime.

Hormis les catholiques


Tous les cultes auront donc fait bloc face à l’horreur hormis le culte catholique. Silence radio de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF). Silence radio de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris – l’un et l’autre qui ont pourtant multiplié les prises de paroles médiatiques au cours de ces dernières semaines, mais c’était au sujet du projet de loi bioéthique. Pas le moindre communiqué de la CEF, pas une ligne sur zenit.org, rien sur Vaticannews, aucune réaction sur «Église catholique en France».


Il arrive pourtant au pape de s’émouvoir des actions terroristes en France. Ce fut le cas ainsi en novembre 2015, après les attentats du Bataclan, du Stade de France et des brasseries parisiennes, lorsqu’il a exprimé sa douleur pour les attaques terroristes qui ont ensanglanté la France. Mais il n’avait pas jugé bon de réagir après la tuerie de Charlie-Hebdo.





Comme des journalistes s’en étaient étonnés dans l’avion qui l’emmenait vers les Philippines, le pontife argentin leur avait expliqué que si


la liberté d’expression est un droit fondamental (…), elle n’autorise pas à insulter la foi d’autrui. Chacun a non seulement la liberté, le droit de dire ce qu’il pense pour aider au bien commun, il est légitime d’user de cette liberté, MAIS sans offenser. Il y a tant de gens qui parlent mal des autres religions, les tournent en dérision, font un jouet de la religion des autres, ce sont des gens qui provoquent.

Pitié sélective


Pas de pitié pour ces journalistes qui sont des provocateurs. Ou pour un professeur qui enseigne l’esprit critique à l’égard des religions.


Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing, et c’est normal, c’est normal!,

avait-il tonné, comme nous l’avions relevé dans Scandales, les défis de l’Église catholique (Éditions Empreinte temps présent).


Pour Jorge Bergoglio, pas de quartier quand on se permet de parler mal des religions. Comme ses séides Moulins-Beaufort et Aupetit, ce pape a la pitié sélective. Un cœur à deux vitesses. Et un poing pontifical dans la gueule pour ceux qui ne comprendraient pas.



Christian Delahaye

Journaliste et théologien







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