Thérapie familiale

La thérapie familiale a été créée pour traiter la question du rapport entre la famille et la maladie, notamment l’impact de la famille sur la maladie (tant sa cause que sa guérison) et l’impact de la maladie sur la famille, les deux ayant des influences circulaires. Aujourd’hui on estime que même si l’environnement familial peut contribuer à la maladie, il fait toujours partie d’une solution. Une formation et expérience spécifiques ? sont nécessaires pour les professionnels qui pratiquent cette thérapie : Dans certaines formes actuelles, la thérapie familiale peut inclure la famille entière (thérapie familiale conjointe) ou les parents et la patiente séparément (thérapie familiale séparée).

75 % de familles témoins ont bénéficié d’une thérapie familiale, se sentant soutenues dans le processus. La thérapie familiale peut être proposée en accompagnement d’une prise en charge hospitalière du malade ou en consultation privée. Elle porte un regard empathique sur le patient au sein de son environnement quotidien. Elle permet entre autres l’exploration déculpabilisée des ajustements réciproques entre la famille, la patiente et la maladie. L’identification de la chronologie des évènements, de la capacité des membres de la famille à s’impliquer, des attitudes alimentaires, peut guider l’élaboration d’un plan de traitement. Pour certains thérapeutes, l’avantage de la thérapie familiale se fait surtout par rapport à des dysfonctionnements au sein de la famille et non pour gérer l’alimentation. Il est plus facile d’y sensibiliser les patients même s’ils pensent souvent que rien ne pourra changer (A. Brun-Eberentz, entretien avec l’auteure, 5 Juin 2016). Pour d’autres thérapeutes, l’alimentation et le rôle des parents par rapport à celle-ci peuvent être au cœur de la thérapie familiale, tout au moins à ses débuts.

 

Olivier : La thérapie familiale à l’hôpital était un lieu de soutien pour notre jardin intérieur, un endroit de reconnaissance de notre souffrance. En revanche, Alice n’aimait pas du tout cet exercice. Elle était morte de peur et de mauvaise humeur quand il fallait y aller et faisait tout pour l’éviter. Elle ne voulait pas voir sa maladie en face.

La Thérapie multifamiliale (TMF) qui inclut plusieurs familles confrontées à une même pathologie commence aussi à faire ses preuves. Les familles s’entraident ; chacune peut ré-analyser ses problèmes à travers le regard d’une autre famille. L’aide thérapeutique d’un parent pour un autre est bien réelle, confirme Solange Cook spécialiste de la TMF. La TMF présente de nombreux avantages qui mènent à une attitude d’espoir :

  • Apprivoiser la maladie (y inclus éduquer et informer) ;

  • Aider les parents à former une équipe solidaire ;

  • Développer des compétences spécifiques ;

  • Stimuler l’autoréflexion ;

  • Favoriser le soutien mutuel

Un besoin de professionnels réduit, c’est aussi un traitement qui génère moins de coûts (S. Cook-Darzens, entretien avec l’auteure, Juin 2013). La TMF semble aussi favoriser une meilleure qualité de prise en charge des patients, en tissant des liens de collaboration plus forts au sein de l’équipe thérapeutique et entre celle-ci et les familles.

 

Peter nous parle de ses expériences avec la thérapie multifamiliale : son succès dépend de la personnalité et des techniques des membres de l’équipe soignante. Notre équipe nous a permis une expérience très constructive dans la destruction de la maladie. Les aperçus d’autres pères m’ont aidé ; nous avons tant appris et à la fin des séances de 2-3 heures on repartait avec un rayon d’espoir.

 

En revanche, Sandra raconte : je me souviens d’avoir eu un sentiment d’échec à la suite de nos sessions de thérapie familiale. Je me sentais tirée vers le bas par ma propre famille. Aussi, dans notre groupe de parents, les paroles d’autres parents m’engloutissaient dans un sentiment de désespoir. Le jeune médecin fut désarmé, incapable de replacer nos histoires dans une trame constructive.

 

Groupes de Parents et Associations pour parents : Le groupe de parents est un lieu d’échanges dans une atmosphère de non-jugement, où l’expression et le silence de l’autre sont respectés. C’est un soutien complémentaire : il ne remplace ni un suivi médical ni un suivi psychologique. Encadré par un professionnel, c’est un temps d’écoute notamment des questions que se posent souvent les parents (ex. alimentation, urgences somatiques, tentatives de suicide, communication, la « bonne distance », séparation, autonomie, secret médical). Les réunions de groupes de parents sont également bien vécues par certains.

 

Olivier : Malgré le long trajet, et après une période de réticence de notre part, le groupe de parents fut une bouffée d’air pour nous. Au début, nous ne pensions pas être « comme eux ». Échanger et être compris nous a ressourcés. Ce n’est qu’à sa sortie de l’hôpital que nous avons enfin appris à lâcher prise, grâce au groupe de travail des parents. Nous avons accepté que quelqu’un d’autre soit là pour aider notre fille.

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