La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La TCC et la Thérapie de Modification du Comportement, (BMT Behaviour Modification Therapy) cherchent à modifier les habitudes néfastes d’une personne anorexique, comme l’hyperactivité, les privations, les compulsions et la rigidité ainsi que les pensées et les émotions qui les accompagnent. Cette thérapie utilise les principes fondamentaux des théories de l’apprentissage humain.

Une des composantes intéressantes de la TCC est l’approche motivationnelle. En théorie, ce modèle peut aider parents, patients adultes et les membres du corps soignant, à comprendre et jauger l’implication du malade selon cinq phases de motivation au changement :

  • Pré-contemplation (pas de reconnaissance du problème) ;

  • Contemplation (reconnaissance du problème avec ambivalence) ;

  • Préparation/détermination (volonté de changement sans savoir comment procéder et avec demande d’aide) ;

  • Action (le début d’un changement de comportement) ;

  • Maintien (pratique et développement de nouvelles habitudes).

 

Le manque de motivation à changer serait-il un fondement et/ou une tendance à faire perdurer leur TCA ? Notre enfant était jusqu’alors super-motivé pour réussir dans la vie. Y a-t-il un rapport entre son désir d’être parfait, son attachement aux habitudes et son ambivalence entre sa dénutrition et la rigidité de ses comportements, voire même un refus d’une certaine manière d’aborder la vie  ?

Comment agir sur le facteur motivation/envie de changement qui conditionnera tout progrès ? Le patient fait-il l’objet d’une évaluation approfondie régulière ?

La motivation au changement est une notion relative. Il nous faut reconnaître l’écart entre la motivation des parents et celle des patients. Il faut souligner qu’on incite les patients à se motiver au changement (quitter l’anorexie), alors qu’ils ont mis des mois, voire des années à devenir anorexiques. Pourquoi être motivé à guérir alors que : 1) je ne suis pas malade, 2) j’ai mis tant de temps à trouver une solution à mes interrogations et mes problèmes ? De plus, cette solution fait partie de ma « réussite de vie », et pas l’inverse. En résumé, les anorexiques ne manquent pas de motivation, au contraire. Mais nos motivations ne sont pas les mêmes que les leurs. Le défi de nous tous est de les motiver à trouver des solutions qui ne sont pas néfastes (S. Cook-Darzens, Entretien, Nov. 2016).

En attendant, nous pouvons interpréter un manque de motivation comme un « ça me fait trop peur » ou « je ne peux pas » au lieu d’un « je ne veux pas ». Pour ces raisons, nous devons nous assurer que notre proche est encadrée, trouver la patience dans l’attente et ne pas répondre à la frustration par la colère. Dans ces moments de blocage, nous devons avoir confiance en la personne « qu’elle était avant » à l’intérieur de ce corps en souffrance, dans celle qui « pourrait » changer, voir la vie comme une roue qui tourne.

Les nouvelles approches TCC prennent en compte le contenu d’une situation et la dynamique relationnelle, ouvrant ainsi la porte à des approches familiales. Les parents qui sont inclus dans une approche TCC peuvent bénéficier entre autres d’une aide à réalimenter leur enfant et à gérer les symptômes associés (comme l’hyperactivité) et ses comorbidités (TOC et manifestations anxieuses par exemple).

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