recherche sur les sciences humaines et du comportement

L’inclusion de la thérapie familiale dans un protocole de traitement

La séparation est un sujet qui fait toujours débat et figure peu dans les études. Par contre la non-séparation a été bien étudiée, au travers de thérapies incompatibles avec cette pratique, et trouvée d’autant plus efficace qu’elle permet d’inclure très tôt la famille dans le programme thérapeutique.

Par ailleurs, si le bien-fondé des approches familiales n’est plus à démontrer, en tous cas pour les moins de 18 ans, les différentes formes existantes de thérapie familiale restent à être testées quant à leur efficacité, notamment entre celles qui ciblent principalement la nutrition d’une part et les relations familiales d’autre part (S. Cook-Darzens, Entretien avec l’auteure, fév. 2017).

 
La motivation au changement

Une étude portant sur 40 filles (10 à 18 ans, dans un hôpital allemand) a montré que les jeunes sentent davantage de pression et de contrainte lors de l’hospitalisation. Le degré de la motivation au changement à l’entrée à l’hôpital a influencé la prise de poids, mais pas les résultats du traitement à long terme ni la dépression (S. Hillen et al. Motivation to change and perception of admission process with respect to outcome in adolescent anorexia nervosa, NCBI BMC Psychiatry, 2015).

Plus de recherches pourraient porter sur le moment optimal pour agir : comment déterminer si une personne est prête à changer, comment influencer son état de préparation ?

Les théories de la motivation au changement et les « entretiens motivationnels » qui en découlent sont de précieux outils pour mener ces recherches.

 

L’interruption précoce des traitements — L’heure de la sortie

Selon une étude de 2013 portant sur 359 cas, il ressort que 24 % (86 cas) sont sortis de l’hôpital avant d’avoir atteint leur poids de contrat. Sur ces 86 sujets, on trouve une concentration de patients de plus de 18 ans ayant déjà été hospitalisés, avec un IMC très bas à l’admission, et issus de familles monoparentales. Cette étude devrait être reconduite avec d’autres patients pour être validée.

Une étude de 2016 portant sur 10 services spécialisés trouve que les patients qui interrompent un traitement en milieu hospitalier seront plus fragiles par la suite, avec des signes de chronicité et de rechute. L’étude qui a suivi 180 patients en 2 groupes (les moins et les plus de 18 ans), a constaté un taux moyen d’interruption de soins de 32 %. 82 à 84 % des sorties sont à l’initiative des patients ou des parents, avec une variante dans le temps de traitement avant l’interruption. L’étude pose aussi la question de l’hospitalisation forcée si un patient adulte refuse le traitement quand il s’agit d’un risque vital.

Ces études soulèvent d’importantes questions de protocole, coût et efficacité des traitements en service hospitalier. Elles portent un regard sur le besoin de davantage de compréhension de la part des soignants vis-à-vis des patients : leur motivation au changement et l’intérêt d’une participation à des groupes psycho éducatifs. Le degré d’implication des parents en tant que participants actifs au suivi d’un traitement ou à son abandon ne semble pas avoir été retenu comme critère pour les études sur l’interruption des soins.

 

La pleine conscience/méditation

La méditation a fait ses preuves et gagne du terrain en France. Les patients sont amenés à apprendre, développer et pratiquer des techniques de modifications cérébrales fonctionnelles tout à fait tangibles, que l’on commence à observer par des études de neuro imagerie. Cet apprentissage nécessite des exercices d’entrainement régulier (comme les gammes d’un musicien) pas seulement une technique, mais un état d’esprit face aux évènements de vie (d’abord accepter ce qui est avant de décider de le changer).

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Parlant et citant des preuves scientifiques de cette pratique, un psychiatre américain partage sa propre expérience avec la méditation. Il encourage ses confrères à faire confiance à cette pratique pour leurs patients et pour eux-mêmes (G. Winstein, M.D., Mindfulness, Relaxed Breathing can amplify Good Patient Care Psychiatric News, APA July 14, 2015).

Un pas vers des jeunes en meilleure santé, à Baltimore (USA) : une école de quartier a remplacé sa salle destinée aux punitions par une salle de méditation. Les jeunes y apprennent à se calmer, à se recentrer en silence. Ils sont invités à voir leurs problèmes autrement en pleine conscience. Le directeur de l’école note une baisse de l’absentéisme et des comportements déviants, ainsi qu’une amélioration du rendement scolaire (T. Kenney, This Baltimore Elementary School Swaps Detention for Mindful Meditation Atlanta Black Star 29 Sept 2016). À Chicago, une étude sur 2000 élèves a montré des améliorations sensibles de concentration après des séances de pleine conscience.

Dans ce travail contre la maladie, nous ne commençons pas avec les gènes ni avec les cellules, mais les interactions humaines. Ce sont elles qui complexifient la médecine… La façon dont chaque interaction est négociée peut déterminer si le médecin est pris en confiance, si le patient est entendu, la qualité du diagnostic et le traitement. Dans ce domaine il n’y a pas de potion magique.

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