Le coût des soins

Toutes nos familles ont eu recours à des soins « en ville », et ont déboursé des sommes considérables avec l’espoir d’éviter un soin hospitalier. Les soins d’un psychologue ne sont toujours pas remboursés sauf si le psychologue consulte au sein d’un Centre Médico-Psychologique (CMP) ou d’un organisme public, ou si le médecin traitant oriente vers le psychologue. Ceci suppose une certaine ouverture, reconnaissance de ses limites et recours à des noms de professionnels spécialisés (voir le chapitre VI du livre : Parcours de soins).

Par ailleurs, tous les parents témoins ignoraient le prix des traitements que leur enfant a reçus lors de ses hospitalisations. Nous devrions être reconnaissants à l’Assurance maladie et aux Mutuelles de prendre en charge ces coûts élevés : ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas qu’ils sont moins réels.

 

Pamela : J’avais oublié ma carte vitale et à la sortie, la caissière du grand hôpital parisien où ma fille a passé 80 jours (traitement court) m’informe que la note est de 112 000 euros. C’est beaucoup pour un traitement dont les effets sont difficilement mesurables.

 

La transparence sur les coûts doit servir à s’interroger sur l’efficacité des protocoles au regard de leur coût. Ne doit-on pas rechercher et tester d’autres méthodes de traitement qui permettraient une prise en charge moins onéreuse pour la société ? D’autres pays favorisent, par exemple, la pratique de l’hospitalisation de jour et limitent les séjours hospitaliers aux situations les plus critiques, avec des améliorations symptomatiques encourageantes.

Alors comment faire évoluer les soins ? Comment augmenter les moyens pour soigner plus de malades et les prendre en charge plus vite ? Peut-on réaliser des économies sur les modes de traitement tout en augmentant leur efficacité ? Pourrait-on ainsi optimiser les budgets de dépenses pour plus de recherches sur les TCA ? Autant de questions à se poser en permanence.

 

Danièle Castellotti insiste : Il faut d’abord des médecins volontaires, qui s’intéressent à ces pathologies des troubles du comportement alimentaire. Car cela demande beaucoup d’investissement, sur le long terme. Par ailleurs, il faut une réelle volonté des pouvoirs publics de changer les choses. La prise en charge actuelle qui consiste à hospitaliser sur un temps très long, non seulement effraie les parents, mais en plus coûte très cher ! Et surtout, bien plus cher, que si la prise en charge de l’anorexie était plus précoce, avec un contexte de réseau de soins, qui éviterait les hospitalisations.

 

Un colloque interdisciplinaire s’est tenu sur le thème suivant : « Anorexie mentale et boulimie : et si on arrêtait le gâchis » ? Des intervenants de tous horizons, y inclus des représentants du ministère de la Santé et du Conseil Économique et Social Européen, ont débattu sur le coût individuel, familial, économique et social des TCA. Une excellente démarche à reproduire.

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